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Suite aux mobilisations des 5 et 22 octobre 2015, l’Intersyndicale AIR FRANCE aujourd'hui composée des syndicats CGT, FO, SNGAF, CFTC, Alter, SNPL, SNPNAC, SNPNC, SPAF, UNSA, Sud et UNAC, a été reçue le 4 novembre par les députés de la Commission des Affaires économiques et celle des Affaires sociales à l’Assemblée Nationale. Vous trouverez ci-joint les principaux points développés par les représentants du personnel.

Une stratégie d’entreprise illisible

Une politique financière inadaptée

Alors que la très forte croissance du secteur devrait profiter aux investissements et à l’emploi, la priorité est donnée au seul désendettement. Seulement 40M€ d’investissements entre 2015 et 2017 dans le « plan A », budget pourtant indispensable à une réelle croissance et au renouvellement de l’outil de production existant.

Le transfert d’activité vers KLM

Depuis la fusion d’Air France et de KLM en 2004, les flux de passagers n’ont cessé d’évoluer en faveur de la filiale hollandaise malgré des accords d’équilibre de production entre les 2 compagnies.

Ainsi sur 100 000 passagers par mois voyageant entre CDG et AMS, 20% emprunteront une correspondance KLM à Amsterdam mais 14% seulement un vol Air France au départ de CDG. Fermeture de lignes AF (Kuala Lumpur) et parallèlement augmentation des capacités sur la ligne opérée par KLM.

La direction a déjà annoncé sa volonté d’accroître ce déséquilibre, au détriment des accords signés, de l’emploi et de l’activité d’AF.  Rappelons qu’à  la DGSI, la règle des 2/3 -1/3 n’est pas respectée !

Des erreurs de gestion inquiétantes

L’étude des bilans d’AF montre que les stratégies ont souvent des conséquences très coûteuses :

  • Amendes pour entente illicite sur le cargo (entente dénoncée par Lufthansa qui a donc été exonérée de poursuites) au delà d’1 milliard d’euros,

  • Politique de couverture sur les prix d’achat du carburant qui ne permet pas de profiter de la baisse des coûts carburant (coût de l’ordre d’1 milliard d’euros en 2014),

  • Système de retraite à prestations définies dites « chapeau » qui concerne 37 cadres d’AF pour plus de 110 millions d’euros, là où les grandes entreprises rentables limitent ce système à une poignée de dirigeants,

  • Choix de solutions informatiques externes coûteuses et mal adaptées aux besoins de l’entreprise.

Quelle stratégie pour l’avenir ?

Les seuls développements annoncés de l’activité aérienne lors des CCE pour le « plan A », dit plan de croissance, sont par le biais de nouvelles alliances ou partenariats avec des compagnies étrangères.

Pas ou peu de développement là où les concurrents osent : par exemple Norwegian, compagnie low cost, a ouvert des lignes entre les Antilles Françaises et l’Amérique du Nord. Pourquoi ne pas y développer AF ?

Choix de céder des avions peu chers ou amortis sans toutefois investir dans de nouveaux avions, laissant ainsi un vide dans le ciel français. La décroissance prévue par l’entreprise, y compris dans son plan A, conduira à la disparition d’Air France à plus ou moins court terme.

 Un État actionnaire passif

Malgré une prise de conscience des menaces pesant sur l’avenir du transport aérien français, force est de constater que peu a été entrepris par le Gouvernement afin de soulager les handicaps dont souffre Air France dans un environnement concurrentiel particulièrement difficile.

Une situation connue de l’État

Depuis 2013 et la communication sur le soutien au secteur aérien présentée par M. Cuvilier, de nombreux rapports ont alerté les gouvernements sur la nécessité d’intervenir pour restaurer la compétitivité d’AF.

Le dernier en date, le rapport Le Roux, a été remis il y a presque un an jour pour jour et cible 12 mesures d’urgence à mettre en place au plus tard pour la loi de Finances sur le transport aérien de l’automne 2015. Bien que la plupart d’entre elles ont un impact budgétaire faible ou nul.

À l’heure actuelle, seule une mesure est appliquée et les compagnies aériennes françaises sont en danger de mort.

Développement du Hub de CDG

La force d’un Hub, le centre du réseau d’un transporteur, est de capter les flux de passagers en multipliant les possibilités de connections. Tandis que nos principaux concurrents augmentent les capacités de leur Hub, celui de CDG stagne alors qu’il n’est pas saturé. Dans le même temps celui d’Amsterdam se développe tous les ans de 5%.

Alors que la France et Paris sont les premières destinations touristiques mondiales, le Hub de CDG est le 3ème d’Europe alors qu’il était le premier en 2010. 1 million de passagers en moins ce sont 4 000 emplois qui disparaissent.

Quelle stratégie de l’État pour Air France ?

Une ligne Air France représente 800 emplois. Alors que le développement d’Air France favorise les régions, celui des low cost basées à l’étranger se contente d’engranger les subventions publiques.

Le transport aérien est, par rapport à d’autres secteurs, soumis à des taxes spécifiques (hors redevances aéroportuaires) qui représentent chaque année 850 millions d’Euros dont environ 80% sont payés par Air France.

Le projet de loi de Finances doit prendre en compte l’aérien afin entre autres de rétablir les conditions d’une concurrence loyale.

L’État et ses arbitrages souvent défavorables à Air France

  • Augmentation des taxes sureté prises en charge à l’étranger par l’État

  • Taxe de solidarité dite ”Taxe Chirac” prélevée sur le seul transport aérien français (essentiellement Air France)

  • Augmentation de la redevance Aéroports De Paris alors que tous les acteurs du secteur s’y sont opposés (la décision est attaquée au Conseil d’État) et que les grands Hub Européens modèrent leurs tarifs pour favoriser leurs compagnies nationales (-6% à AMS cette année, -11% en 2016)

Concernant les compagnies du Golfe, l’État ne doit pas céder de terrain

  • L’État va accorder de nouveaux créneaux aux compagnies du Golfe au départ de Lyon et de Nice

  • D’après le rapport de Bruno Le Roux, chaque attribution de fréquence long-courrier aux compagnies du Golfe aboutit pourtant à la destruction de 250 emplois basés et à une perte de 25 millions d’euros de recettes pour l’État

  • Ces compagnies bénéficient d’aides d’État quasi-illimitées (42 milliards de dollars entre 2004 et 2013 pour Emirates, Etihad et Qatar Airways), d’une situation géographique idéale entre Europe, Asie et Afrique, d’une fiscalité extrêmement avantageuse, d’une faible facture énergétique et de très faibles standards sociaux

 Les demandes et propositions de lIntersyndicale

üUn projet de développement du groupe qui ne soit pas uniquement financier mais surtout humain et industriel

üDes avions modernes pour être compétitifs dans le transport aérien de demain

üDes solutions novatrices pour affronter nos ennemis au lieu d’un repli prélude à la déroute

üQue les salariés d’AF puissent raisonnablement voir le fruit de leurs efforts de façon positive

üQue l’État Français joue clairement son rôle d’actionnaire majeur de notre compagnie en refusant les licenciements, la politique de l’attrition

üQue l’État Français joue clairement son rôle de stratège, rééquilibrant la chaîne de valeurs au sein du transport aérien (ADP très bénéficiaire, Air France en situation délicate), poursuivant le gel de l’attribution des créneaux aux compagnies du Golfe et permettant aux salariés d’Air France de se battre à armes égales avec la concurrence et de participer au rayonnement Français

üSuspension des mesures disciplinaires à l’encontre des salariés AF en attendant les conclusions de l’enquête de police

Les mesures visant à améliorer l’environnement économique et social dans lequel évoluent les compagnies aériennes françaises sont aujourd’hui identifiées et partagées par tous. Avec un réel plan industriel de croissance et un dialogue social rétabli au sein de la Compagnie, l’État n’a aucune raison valable pour ne pas faire sa part du travail.

 

L’Intersyndicale est plus que jamais mobilisée. De nombreux signes montrent clairement que nos propositions bousculent les lignes. Une prochaine réunion est prévue le 10 novembre pour faire le point de la situation et définir les prochaines actions.

 

Accès vidéo intervention intersyndicale à l’Assemblée Nationale le 4 Novembre 2015 :

 
 

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